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Parolla di pastore

Rédigé le Samedi 9 Février 2019 à 22:30 | Lu 2 fois | 0 commentaire(s)

Ci vole à nasce pè pasce


Germain : On ne nait pas berger, on le devient… la voie n’est pas toujours tracée dès le départ. On le devient par des choix, conscients et inconscients,  notre attachement à cette terre est viscéral, et à son contact, il se révèle au fil des saisons. Notre connaissance devient instinctive par l’amour que l’on porte à nos bêtes en les côtoyant quotidiennement.
Pour moi, se lever tôt chaque matin est un bonheur et non une contrainte, car chaque saison, chaque jour, apporte ses nouveautés : les terres à travailler, les naissances des cabris, les premières traites de la saison, les boucs à séparer, la transhumance à préparer et ensuite le troupeau à rassembler en montagne… autant de plaisirs mais aussi de challenges physiques sur cette montagne dans la mer qu’est la Corse. Des contraintes, on en subit, certes, tel celui de carcan administratif aux règlements parfois inadaptés et source d’illogismes, voire d’injustice.
J’ai eu la chance de découvrir des pays lointains aux paysages somptueux et aux coutumes fascinantes, cependant, chaque fois que je reviens vers le mien, je me réjouis de ressentir la même joie à le retrouver et d’apprécier la chance que nous avons de vivre dans cette ile merveilleuse, les bonheurs qu’elle nous apporte compensent largement les quelques difficultés inhérentes à l’insularité et aux montagnes parfois inhospitalières. Nous sommes vraiment des privilégiés, des nantis.
Pour moi, la retraite n’existe pas ; je compte être présent aux côtés de mon fils autant que possible, et espère ressentir encore longtemps le bonheur d’être auprès de mes chèvres. Une vie, une passion.
 
Nicolas et Cyrielle : en apprenant que nous allions être parents nous avons décidé de retourner vivre au village et de continuer à rendre pérenne l’exploitation de mon père. C’est un métier qui est devenu une passion pour moi et mon épouse. Ce que nous aimons dans ce métier est le fait que nous sommes en extérieur, proches de la nature et des bêtes. Nous avons hâte d’installer notre fromagerie pour produire notre propre fromage et le faire connaitre. Nous avons eu la chance de cette opportunité grâce à mon père et nous profitons chaque jour de sa grande expérience et de ses précieux conseils dans ce métier en plus de la formation que nous suivons pour devenir éleveurs et transformateurs.